La Luciole et le Lynx
par SemiRimeS ·
Quand Nyx ouvrait en grand, Son Ô clairvoyant oeil, Qu’elle expirait son chant, sitôt entre les feuilles, Eclipsait d’un soupir, la vespéralité, Et guidait son empire, entre sombres nuées, Tous savaient : Le grand Cerf, pour y paître prairies, Le Renard pour le Rat, l’Hérisson pour le Ver, Tous sortaient de concert afin d’être nourris, Aux regards de la loi, en consumant lumière. Et, le Lynx au pas rude, en un voile obscurci, Déteint de solitude, éteint de myopie Y traînait son corps frêle, et, à défaut de voir, Les crocs pointant le ciel, déjà broyait du noir. Fulgurant, traversant, la nuit et sa béance, De l’astre du sommeil chut une luciole. Le prince se dressant, sentit voix et présence, Puis en tendant l’oreille, eut non menues paroles : “Chat, ne chavire pas, et ne sombre et ne chois, Là, je brasille, vois, élevons, je te choie, Toi, tes désirs et joies, éteignons en tes bois Proies, je t’y guide, va, fais ton nom, que tu sois Roi.” En cette nuit là, ce grade lui échut : Son flamboyant ballet obruait ses rivaux, Et, en tout entrechat et grand jeté tendus, Sur ses proies s’abattaient crocs épais en biseau. Passé ladite ardeur, devinant beau destin, Ni félin ni lecteur ne vit qu’en haut des pins, Sans un bruit sans un feu, s’éclipsait l’Hespéride. Son gré lui sut si grand, qu’à son brumeux empire Le roi fit le serment, à son tour devenir Pour autrui sans ses yeux, étoile qui le guide.